La chemise blanche était de sortie pour les hommes en noir, mercredi, dans les sous-sols d'un hôtel parisien. Face à une poignée de journalistes, les arbitres professionnels du football français ont mis le costume à l'heure de démontrer combien leur lutte face à la Ligue professionnelle de football (LFP) est juste. Après un mois de protestation, ils seront reçus par la Fédération le 3 septembre pour trouver une issue au conflit.
Le désaccord est né de la nomination de Claude Colombo par le conseil fédéral comme représentant de la LFP à la Direction nationale de l'arbitrage (DNA). Une majorité du corps arbitral est entrée en rébellion suite à cette décision qui a fait entrer l'ancien arbitre, proche de Frédéric Thiriez, dans l'instance dirigée par son ennemi juré : Marc Batta.
Lors de la première journée de Championnat, la quasi-totalité des officiels ont refusé de porter le logo de la LFP sur leurs maillots. Par la suite, ils n'ont pas signé les feuilles de match. Une mobilisation discrète qui ne bouscule personne et « intéresse peu les amoureux du football », regrette Laurent Duhamel.
Une affaire personnelle ? Les arbitres s'en défendent. Pour Stéphane Bré, il s'agit de « mettre la lumière sur des conditions de nomination discutables ». « Ce n'est pas qu'une histoire d'hommes », affirme Saïd Ennjimi. « Mais il y a des choses qu'on ne peut pas oublier », précise-t-il.
Seule solution : le départ de Claude Colombo
La référence est celle du rapport pointant 157 erreurs arbitrales qui avait été dévoilé dans la presse au début de la saison dernière. Ce document, rédigé par Claude Colombo en tant qu'outil de travail, devait rester confidentiel. Mais à la suite d'un Nice-Lyon litigieux en septembre 2008, le dossier s'est retrouvé dans les colonnes du journal Nice-Matin. Une fuite qui n'a pas plu aux arbitres. De plus, une féroce rivalité entre Marc Batta et Claude Colombo empoisonne l'état-major du football français depuis des années.
Officiellement, c'est donc pour défendre leur indépendance que les arbitres se mobilisent. Ils dépendent de la Fédération et ne veulent pas que la Ligue puisse faire pression sur leur activité. « Les arbitres ont une conscience collective et une responsabilité forte vis-à-vis de leur sport », martèle Hervé Piccirillo, arbitre au front de la bataille.
Sourds aux alertes des juges du football depuis le début du Championnat, la FFF et la LFP ont finalement décidé de tenir une réunion le 3 septembre afin de résoudre le problème. Pour les arbitres, seul le départ de Claude Colombo pourrait être une décision convenable. Dans le cas contraire, ils prévoient de « durcir le mouvement ».
