En septembre, au cours d'un match de coupe de France, un joueur du club de Pont-sur-Sambre a fait un geste malencontreux contre l'arbitre. Il était, hélas pour lui, récidiviste...
Les télévisions du pays diffusent encore les images de Michaël Ballack et Didier Drogba, les stars du club de foot de Chelsea, en train de violemment s'en prendre à l'arbitre de la demi-finale de Coupe d'Europe. Plus près de nous, en septembre, lors du deuxième tour de la Coupe de France, un joueur pontois a explosé à la 92e minute du match Pont-sur-Sambre-Avesnelles, s'en prenant vertement aux spectateurs et aux joueurs. L'homme en noir l'a renvoyé aux vestiaires avec un carton rouge, le Pontois s'est approché de lui, lui a attrapé la joue. Geste malheureux à l'encontre d'une personne chargée d'une mission de service public, ainsi que l'a rappelé une loi de 2006... Le problème est que le footballeur s'en est autrefois déjà pris à un arbitre, ce qui lui a valu une condamnation en 2007. « Je vais requérir la peine plancher », dans ce cas de récidive, prévient d'entrée le procureur. Le prévenu, qui explique que ses problèmes d'agressivité ne se rencontrent « ni au boulot, ni dans mon immeuble », explique avoir écrit à la Ligue de football, proposant sa radiation à vie des terrains de foot. « Dans l'effort, je perds ma lucidité », explique-t-il.
L'union nationale des arbitres de football (UNAF) est partie civile dans cette affaire, tout comme l'arbitre visé. On brosse un quotidien noir comme la tenue arbitrale. « Dans le district Maritime, on a tiré sur l'arbitre au paint-ball à Carvin, un pit-bull lâché sur l'arbitre lui a dévoré un bras », expliquent les parties civiles. Y compris chez les observateurs zélés du ballon rond, sale temps pour les arbitres. Toutes proportions gardées, Me Demory, pour la défense, ne voit pas dans l'acte de son client de quoi le qualifier de « terroriste du foot et responsable de tous les maux de la terre ».
« J'attends du tribunal une décision de principe », réplique le procureur Delattre, décrivant un prévenu « intolérant ». « Les bénévoles, seuls au milieu du terrain, ne doivent pas aller arbitrer la peur au ventre ». Comme promis, c'est la peine plancher, un an, dont six mois avec sursis, qui est réclamée. L. T. est condamné à six mois dont trois avec sursis et mise à l'épreuve et 500 E d'amende. Il lui est interdit de se rendre aux abords d'enceintes sportives pendant trois ans.